Bernard Stalter, président du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat, lance un appel au calme

La France traverse des heures difficiles. Le week-end qui approche s’annonce à haut risque. Les événements qui ont secoué notre pays ces derniers jours sont le reflet des difficultés et inquiétudes de nos concitoyens : elles sont légitimes, je les entends et nous devons collectivement y apporter une solution.

Dès lundi dernier, j’étais à la rencontre des artisans sinistrés de Paris. Je leur ai rappelé le soutien de la famille des artisans. L’après-midi, avec mes collègues, nous avons choisi d’étendre le fonds de calamité et de catastrophe naturelle pour les artisans victimes de dégâts matériels de nature à bloquer leur activité.

Je préside un établissement public, l’APCMA, qui fait partie de ces corps intermédiaires, relais entre les réalités des territoires et les pouvoirs publics.

Mais je n’oublie jamais d’où je viens. Sorti de l’école à 14 ans pour entrer en apprentissage, je suis artisan coiffeur. Je coiffe toujours dans mon salon. J’écoute les gens me parler de leur quotidien. Je sais les difficultés à boucler ses fins de mois, l’angoisse des parents face au chômage, le leur ou celui de leurs enfants. Je sais les difficultés des artisans qui, alors qu’ils créent de la richesse et de l’emploi, sont confrontés au manque de personnel qualifié, aux taxes qui pèsent sur leur activité, à la question de leurs retraites.

Toutes ces questions sont essentielles et elles méritent des réponses de fond. Ces réponses, ce n’est pas dans la violence et le conflit que nous les trouverons.

L’artisanat est un vivier d’emploi et un levier du développement économique. Il est temps de lui donner la place qu’il mérite. Les chambres de métiers et de l’artisanat accompagnent au quotidien et au plus près les entreprises artisanales. Nous devons avoir les moyens de mener à bien cette mission de service public.

Nous serons, au côté du Gouvernement, un partenaire mobilisé et constructif. Nous avons fait des propositions pour accompagner les artisans dans la réussite de la transition écologique sans nuire à la compétitivité de leurs entreprises : extension de l’éligibilité du « chèque énergie » aux entreprises artisanales employant maximum 3 salariés, extension de la prime à la conversion pour les entreprises artisanales avec participation des constructeurs, extension de l’éligibilité à la prime à la conversion aux véhicules hybrides, et hybrides rechargeables, extension de la prime à la conversion aux artisans réalisant un très grand nombre de kilomètres par an même si leur véhicule n’est pas aussi vieux que l’exige le dispositif ou encore mise en place d’un crédit d’impôt correspondant à 30 % du prix du véhicule « zéro émission ».

Aujourd’hui, à la veille de l’acte 4 des manifestations, j’appelle, au nom de tous les élus de notre réseau qui représentent les artisans de France, au calme.

J’en appelle à la responsabilité. Évitons d’ajouter au désordre en allant à Paris.

J’en appelle au respect. Les artisans et commerçants ne sont en rien responsables des difficultés que nous traversons. Respectons leurs commerces, leurs outils de travail. Ils sont déjà touchés par la double peine des taxes et des manifestations avec les dégradations qu’elles entraînent.
Respectons les symboles de notre pays. Traverser cette crise suppose de rester unis derrière les valeurs de la République.

J’en appelle à la prise de conscience : il nous faut unir les forces qui œuvrent au développement socio-économique de notre pays. Il faut construire, apaiser, redonner du souffle et l’envie d’entreprendre aux Français qui aspirent à vivre et travailler dans une démocratie apaisée.

Télécharger le communiqué de presse

Contact presse
Géraldine Squenel : 01 44 43 10 65 – presse@apcma.fr