Trois questions à…. Jean Arthuis, député européen

Les élections européennes de 2019 auront un impact sur les petites entreprises. Selon vous, quelles mesures doivent être instaurées pour favoriser leur compétitivité ?
Le déploiement à grande échelle des réseaux et des technologies numériques appelle un soutien axé sur les PME. Plus globalement, en coopération avec les autorités nationales et régionales, le financement de leurs investissements doit être facilité par un accès renforcé et simplifié aux garanties offertes par le Fonds européen pour les investissements stratégiques et le programme spécifique COSME réservé aux PME. Enfin, le marché unique exige une concurrence loyale qui éradique toutes les formes de dumping fiscal ou social. C’est en cela que la révision de la directive sur les travailleurs détachés constitue un progrès prometteur.

La promotion de la formation professionnelle et tout particulièrement de l’apprentissage est une nécessité. Quelles sont les actions à mettre en place au niveau européen pour renforcer son attractivité ?
Il n’y a pas de compétitivité sans compétence professionnelle. La formation professionnelle, notamment l’apprentissage, est un investissement d’avenir. C’est une des priorités du gouvernement français. L’Europe doit combattre le chômage des jeunes par des actions structurantes qui s’inspirent des meilleurs exemples en Europe (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Danemark). Je demande qu’un programme « formation professionnelle, apprentissage » soit créé dans le budget de l’Union européenne. Il reste à corriger le regard que nous portons encore sur cette formation. Dans notre hiérarchie des valeurs, il doit être porté au même niveau que l’enseignement supérieur.

Le programme Erasmus favorise les échanges européens et renforce les compétences des jeunes. Comment lever les freins à la mobilité et encourager davantage les projets de coopération ?
Le programme Erasmus, dont nous avons célébré le 30e anniversaire en 2017, est un succès. Les étudiants qui ont effectué une mobilité grâce à ses bourses, la « génération Erasmus », se protègent mieux contre les risques du chômage dans leur vie professionnelle. Je me bats pour que les apprentis puissent partir en mobilité dans les mêmes conditions. Les freins sont multiples : psychologiques, professionnels, linguistiques, juridiques, financiers.
À sa demande, j’ai remis à notre ministre du Travail, Madame Pénicaud, un rapport en ce sens. Certaines mesures ont déjà été votées, notamment la levée de l’obligation pour le maître d’apprentissage, de salarier son apprenti pendant sa mobilité. Il faut multiplier par trois les crédits Erasmus et proclamer que les apprentis, eux aussi, doivent parler une autre langue que leur langue maternelle. Les autres dispositions sont en bonne voie.

Interview publiée dans la dernière Lettre de l’APCMA